2012 : Ce que les médias sociaux nous révèlent sur le futur gagnant !

MAJ 1: Le lien ne marchait plus et impossible de trouver pourquoi donc je vous re-publie l’article. Sorry pour vos partages etc ;)

MAJ 2 : Suite à une remarque judicieuse, je tiens à préciser que j’ai seulement analysé 2 partis politiques (les plus importants) . Ce n’est pas une analyse « bipartite » mais bien une critique sur la façon d’utiliser ces médias. La politique n’est pas le point central de cet article. Les remarques importantes se situent dans les conclusions.

La présidentielle approche à grand pas. A gauche, la campagne a déjà commencé tambour battant. A droite, rien de très officiel mais Sarkozy fait figure de favori. On va donc un peu analyser qui domine la bataille sur les médias sociaux.

Pour ce faire, on étudiera 2 pages fans sur Facebook sur les 15 derniers jours : celle de l’UMP et celle du parti socialiste. Utiliser les comptes de Hollande VS Sarko n’a pas trop de sens car d’une part, l’un est président, non déclaré et les mentions négatives sur sa page sont légion, et d’autre part, on trouve l’outsider tout nouveau qui vient de faire son buzz en remportant les primaires. Les deux ne sont donc pas au même niveau. C’est pourquoi nous allons simplement opposer les différents partis.

Ne me demandez pas de rentrer dans des détails politiques car si l’économie me passionne, je ne me retrouve ni dans les personnes qui nous représentent, ni dans leur programme respectif, ni dans leurs idées. Mais c’est un autre débat…De plus, l’analyse suivante n’est pas très représentative étant donné qu’elle repose que sur une infime partie de la présence sociale de la gauche et de la droite et qu’on ne passera pas non plus notre temps à étudier le sentiment sous peine de ne plus pouvoir faire autre chose. Nous commencerons par Facebook puis nous passerons à l’analyse de Twitter. (=> le plus important se passe dans les conclusions de chaque partie et dans la conclusion finale)

 

Sur Facebook

Commençons à comparer le nombre de fans. On constate que le Reach de la gauche est 2 fois plus élevé que celui de l’UMP. En revanche, ce qui nous intéresse, c’est bien le taux d’engagement et celui de l’UMP, avec ses 35%,  tire son épingle du jeu. Si l’on regarde les graphiques suivants, on constate sans grande peine que le parti socialiste a su générer une base de fans plus importante mais ne génère pas autant d’engagement que son opposant car dans le cas contraire, les camemberts «  part relative d’engagement » et « part relative de fans » seraient identiques. Avantage UMP.

 

L’analyse des réactions des pages du parti socialiste et de l’UMP ne nous révèle pas grand-chose. On pourrait penser de prime abord qu’à chaque publication, le PS génère des réactions en masse (les pics) mais qu’en dehors, l’engagement disparait. Pour l’UMP, il n’y a pas ce mouvement de masse comme pour la page de son concurrent mais un engagement plus régulier. Ces différences ne nous permettent pas de conclure => Egalité !

 

Encore une fois, on constate via les graphs ci-dessous que le rapport entre les likes et les commentaires des 2 pages sont similaires. Certes, l’engagement sur la page du parti socialiste est plus important en valeur absolue. Cependant, malgré une base de fans deux fois moins importante, la page de l’UMP a une moyenne de réponses par publication quasi identique. Léger avantage à l’UMP. Pour le taux de réponses, c’est simple : il n’y en a pas !

 

Mais c’est seulement maintenant que l’on commence à s’amuser ;-) . L’image ci-dessous met en évidence les articles les plus populaires, qui ont généré le plus d’engagement. Les publications les plus populaires sont toujours celles qui sont accompagnées d’une photo principalement ou d’une vidéo. Un statut seul est donc moins populaire. Mais que ce soit d’un côté ou de l’autre, l’engagement ne repose pas sur la mise en avant d’un programme et du soutien des fans. C’est bien les publications qui ont pour but d’attaquer l’adversaire qui sont les plus populaires. En d’autres termes, pour générer de l’engagement, attaque ton concurrent. On commence à comprendre les pics du graph numéro 4. Avantage stratégique : PS.

 

Conclusion de cette analyse rapide des pages officielles du PS et de l’UMP. Le parti socialiste a une base de fans plus conséquente et très engagée lorsqu’il s’agit d’attaquer l’opposant. L’UMP, avec une base de fans moins importante, réussit à générer autant d’engagement relatif que le PS. Une publication qui marche est principalement accompagnée d’une image. Ces deux pages sont de performance égale.

 

La Vraie conclusion

Ce sont 2 pages fans qui fonctionnent de la même manière. Le grand Gagnant ? Celui qui n’y participe pas.  :mrgreen:

Ces pages ne sont pas intéressantes à suivre car c’est toujours la même chose. Ni l’une, ni l’autre ne se démarque et on ne poussera pas l’analyse plus loin car ça ne sert à rien. Aucune des deux ne propose de stratégie différente autre que le dénigrement. Sur celle de l’UMP, on prépare gentiment la candidature de Sarkozy. Mais c’est bien une publication sur 2 qui fait les louanges de Jean-François Copé au cas où le Président ne se représenterait pas. Sur la page du parti socialiste,  vous pouvez déjà prévoir le prochain statut =>ANTI-SARKO ou Retrouvez en direct X, Y, Z …

Bienvenue au pays du mensonge politique et de la désinformation médiatique. Le discours des CM vole au ras des pâquerettes. On ne cherche pas à expliquer, avancer, proposer, écouter. Le but de ces pages fans est la glorification d’un futur président et la décapitation de son opposant. L’économie, la politique, l’information objective n’existent pas. Si vous regardez TF1, France 2 et compagnie, l’adhésion à ces fan pages ne vous servira à rien de plus. ABSOLUMENT RIEN. 2012 sur Facebook, c’est ça !

 

Sur Twitter

Sur Twitter, on va comparer les comptes de soutien officiel de Sarko et de Hollande.

On fera très court car vous n’avez pas de temps à perdre et moi non plus.

 

Les followers du comité de soutien à Sarkozy sont nettement plus élevés (8 fois plus que ceux de l’opposant). Et atteindre 9000 followers sur les 3 millions de français sur Twitter est un exploit de taille…ou pas.

 

 

Idem que pour le reach, les followers de Sarkozy sont nettement plus influents ou du moins, sont « supposés » avoir un impact plus important que ceux de Hollande.

 

Quant aux followers, il ne tweetent que très peu voire pas du tout pour les deux comptes (+70%).  Ceux qui peuvent agir comme caisse de résonance ne représentent que moins de 1% des abonnés.

Sarkozy

Hollande

 

La conclusion n’est pas intéressante et je me permets donc de passer directement à la vraie conclusion.

La vraie conclusion :

Twitter est tout aussi inintéressant que les pages Facebook. Oublions les conversations, les échanges, l’impact et le partage. Si je construisais un bot pour un autre comité de soutien, je suis certain à 100% de faire mieux.

 

Conclusion finale

Les médias sociaux ne nous révèlent donc rien sur le futur gagnant. Rien de plus qu’une incertitude et un flou total. Oui, il y a encore plein de chiffres qu’on pourrait utiliser, mais ils veulent tout et rien dire à la fois. Sauf une chose : la manière dont ils se servent de ces médias représente tout ce que je déteste voir. C’est simple, c’est exactement la même qu’à la télé !

Parfois, il est nécessaire de prendre un peu de recul pour enfin constater que tout est bon à jeter.

On nous bassine à longueur de journée qu’un politique doit avoir une activité sur Twitter (ou les médias sociaux) car il augmenterait ses chances de victoire. Je vois passer tous les jours sur mon flux qu’un candidat présent sur les Social Media multiplie par X% son impact auprès du public … Désolé, mais ça me fait l’effet inverse :evil: .

Si je n’ai pas envie de retrouver le monde politique dans mes échanges quotidiens, cela reste personnel. D’autres personnes peuvent considérer que cette présence est nécessaire.

En revanche, nous allons rappeler une différence fondamentale qui fait que les politiques et les médias sociaux sont à ce jour incompatibles. La force de ces réseaux réside dans l’échange. Il n’y en a aucun. Le message est unilatéral et on ne vous demande pas votre participation ou opinion mais seulement votre soutien inconditionnel.

L’utilisation de ces plateformes implique une volonté de changements, de solutions et surtout de discussions. On ne nous offre rien de cela. La communication n’est en rien différente d’une autre tentative de propagande et ne manifeste pas l’envie de se rapprocher des électeurs. Rares sont les politiques à s’engager personnellement sur le web social.

Ils ne savent pas les utiliser et je ne demande qu’à voir le contraire. La désinformation médiatiqueet ces techniques de propagande des années 70 ne doivent pas être présentes sur de telles plateformes.  Montebourg a ouvert la voie mais c’est encore fébrile.

Je rêve d’un candidat qui prenne en compte les changements sociétaux, les problèmes des français tout autant que les forces du pays sur ces réseaux. A défaut, je rêve d’un monde politique qui fasse au moins « semblant » d’écouter le peuple :-? . Ce n’est pas le cas !

Je félicite par avance les devins 2.0 qui féliciteront la perspicacité de telle ou telle stratégie sur ces réseaux car je n’en vois aucune.

Donc la politique sur les Social Media, je dis non merci !  Pas comme ça, pas encore. Mais bientôt, cela changera. Les entreprises y sont passées et commencent à comprendre  l’importance de ces échanges. Le monde politique y sucombera forcement…( ou nous donnera au minimum l’illusion que …). Comment d’ailleurs peut-il en être autrement ? Quand reste la grande question.

Mais peut-être pensez vous le contraire…?

Le Prince Du Web

Le Prince Du Web