Changements des Conditions générales : je t’aime, moi non plus ?

On continue cette fin d’année par des sujets plus légers et cette fois, on s’attaque au thème de la vie privée.

Chaque mois, on a droit à notre dose de critiques sur les changements des conditions généralesde X ou Y services.

Vous devez bien vous aussi avoir des amis qui n’y comprennent pas grand-chose au digital et qui copient- collent un message du genre : «  Attention, FB a changé ses conditions générales et peut utiliser vos photos pour servir de tableau chez Zuckerberg. Si toi aussi tu trouves ça scandaleux, copie et colle ce message sur ton mur ».

Mais pour ceux qui sont 2.0, c’est le même refrain, avec une touche de Frenglish « RT @PARANOYAC Facebook change ses statements of rights pour nous épier http://www.au-lit.com » :-P

On va faire un peu le point. Facebook, Twitter, Google, Foursquare et des centaines d’autres sites se servent de nos données personnelles afin de monétiser leur service. Quoi de plus normal ?

Si cela ne rentre pas dans le cadre de votre travail, je suis persuadé que vous n’avez jamais lu ces conditions générales.

Dans un cadre professionnel, il est nécessaire de se pencher sur ces règles pour ne pas voir la page d’une marque bloquée pour avoir affiché le nom du gagnant d’un jeu concours sur le mur par exemple.

En gros, vous voyez ce que vous avez le droit de faire et puis vous ajustez vos actions en fonction de ces fameuses limites imposées par les plateformes. C’est la loi du plus fort.

Il faut aussi peut-être faire attention à quelque checkins qui pourraient révéler à vos concurrents un certain rapprochement stratégique avec X ou Y. Mais rares sont ceux qui se retrouvent face à de tels dilemmes.

Donc si votre activité touche votre sphère professionnelle, restez pro et puis c’est tout.

 

Passons à ce qui nous intéresse : le cadre privé

Arrêtons avec les polémiques sur l’intrusion de Facebook ou Google dans nos vies. On sait tous que nous ne maîtrisons rien de ce que nous partageons. Ne tombons simplement pas dans la paranoïa car de toutes manières, il y a bien des choses qui se passent sans que nous soyons au courant.

 

1) Les robots

On sait que les bots Google vont jusqu’à fouiller dans les mails pour personnaliser les pubs. Mais ce sont des ROBOTS ! N’en faîtes pas une affaire personnelle ! Si tout ce système se basait sur une analyse humaine, il y aurait un vrai problème. En l’occurrence, je trouve légitime pour un service comme Google de se servir de tous les moyens possibles pour affiner le ciblage publicitaire. Il n’y a rien de bien dramatique en soi.

 

2) Les publicités personnalisées

Facebook est maître dans ce domaine. Grâce à toutes les informations que vous avez définies sur votre profil, les annonceurs peuvent être très précis dans leur ciblage. Encore une fois, ce sont des robots (des algorithmes) qui déterminent tout ça. Il n’y a aucun annonceur qui va fouiller votre profil pour voir si vous êtes un gay de 30 ans en couple habitant à Manchester. Ce système d’annonce fait le succès de FB et c’est bien normal.

 

3) Les checkins

Si FB, Foursquare, Twitter ou Google utilisent vos données de géolocalisation, ce n’est que par informatique. Vous n’êtes pas intéressant au point que l’on traque humainement toute votre activité. Ce sont plein de chiffres qui serviront à améliorer et personnaliser les annonces. Ce sont plein de statistiques qui pourraient s’avérer très intrusives si on les exploitait au cas par cas. N’en faîtes pas une affaire personnelle. Il n’y a que des lignes de codes qui s’occupent de votre activité. Personne ne cherche à vous épier.

Je vous garantis que vous avez plus à craindre de la jalousie de votre âme sœur ou de l’inconnu que vous avez accepté pour gonfler votre liste d’amis que des conditions générales de X, Y ou Z.

 

4) Les statistiques

De la data, il y en a une tonne vous concernant. Mais il faut comprendre que c’est le business model de ces plateformes. Elles ne s’intéressent pas à Douguipat mais à un Mr X, qui habite à, aime telle chose, va souvent à etc.

Il m’est par exemple plus facile de comprendre votre vie en fonction des traces que vous avez laissées sur le net que par votre wall Facebook qui sera généralement bloqué.

Et confidence pour confidence, si cela ne rentre pas dans un cadre pro, je ne lis quasiment jamais ces conditions générales (comme 99% de la population). J’ai pourtant l’impression de bien maîtriser mon identité numérique et mes données personnelles.

Bien sûr que ces sites utilisent vos données. Il faudrait être naïf pour penser que tout vous est dû sans rien en contrepartie. De toutes manières, une publicité ciblée est bien moins agressive qu’une annonce complétement à côté de la plaque.

 

Conclusion

Comme dans tout, il faut juste penser avec intelligence. Avant de liker la page « teens en chaleur, rien que pour toi mon loulou », dîtes vous que ça ne restera peut-être pas qu’entre vous et votre écran ;-) . Mais ça ne sera pas non plus diffuser au monde entier.

Alors oui, c’est sûr, la gestion de la vie privée est plus que remise en cause avec le « web social ». Ce qui me dérange, c’est simplement que ceux qui n’ont quasiment pas de limite à exhiber leur vie en permanence sont ceux qui crient au loup tout le temps.

Un petit peu de bon sens devrait donc faire l’affaire. Et nous sommes assez nombreux pour que ces plateformes ne s’aventurent pas vers des chemins plus que douteux en matière de respect de la vie privée.

Après tout, c’est grâce à notre activité qu’elles valent des milliards et tout ne peut être fait. Alors tant que l’on reste des suites de numéros, des X, des Y, il n’y aura pas de soucis à se faire. Votre vie privée n’en pâtira pas.

La carte de métro, la CB, les caméras de surveillance, le téléphone, les comptes bancaires ou les IPs ont déjà sérieusement impacté la maîtrise de nos données privées :evil: . Donc si vous n’êtes pas le futur président ou un grand baron du cartel de la drogue, la meilleure des solutions est l’acceptation de laisser voir s’échapper une partie de votre vie privée…. à des fins de business.

Alors même si Mark avait si brillamment déclaré « They trust me… Dumb fucks », nous lui rappellerons simplement que « We are the 99% ». Et sur 800 millions, ça commence à faire beaucoup. Donc s’il tient à sa pépite (très grosse pépite), mieux vaut qu’il ne nous importune pas trop.

Et entre vous et moi, si vous ne voulez vraiment pas que quelque chose se sache, ce n’est vraiment pas sur le web social que vous allez l’affiché…

Et n’oubliez jamais que si vous ne payez pas pour un produit, c’est que vous êtes le produit.

Mais peut-être ne partagez-vous pas cette opinion ? Vous sentez-vous espionné ?

Le Prince Du Web

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